Ju et Stl en vadrouille

Notre voyage à la "locale"

Cuba

La Havane

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Nous voilà à Cuba

Nous voilà donc à Cuba, la première étape de notre périple. Il est presque 20 heures quand nous atterrissons à La Havane, partagés entre l’excitation et la nostalgie, nous entrons dans un  aéroport quelque peu vétuste. C’est sûr, on n’est plus en Europe! Le passage de la frontière n’est pas très organisé, et après la douane, vient le moment de récupérer nos bagages. C’est toujours un peu le stress cette étape et ici, c’est pire!…. Après une bonne vingtaine de minutes, nos deux sacs arrivent enfin. Il ne nous reste plus qu’à trouver un taxi.

Charonniar sur un rocher dans l'eau



Comment sont les gens?

Avant de partir, nous avons cherché quelques conseils sur des blogs de voyageurs, comme expat.com et voyageforum. Les uns vous disent qu’il faut se méfier de tous le monde, que c’est dangereux, les autres vantent la gentillesse des Cubains. Par contre, tous tombent d’accord sur le fait qu’il faut rester prudent; comme dans n’importe quelle grande ville du monde finalement. De notre côté, nous n’avons rencontré que des gens adorables et ravis de nous aider.

A commencer par le taximan, qui nous raconte sa ville et sa famille. Le tout en espagnol. On est fiers de pouvoir utiliser ce qu’on a appris pendant nos six derniers mois en Belgique. Entendons nous bien, notre niveau n’a rien d’exceptionnel, on sait à peine conjuguer les verbes au présent et on ne vous parle même pas du peu de vocabulaire. Là, partager entre la fatigue et la joie d’être à Cuba, nous essayons de comprendre tout ce que le chauffeur nous raconte, c’est assez drôle parfois.

Nous voilà arrivés chez Alain et Lisandra, les propriétaires du AirBnb. Alain parle anglais et espagnol et Lisandre, ne parle que l’espagnol. Nous arrivons dans un appartement propre avec salon, salle à manger, cuisine, salle de douche et une chambre très cosy. C’est un peu vieillot, mais on est à Cuba. Premier passage aux toilettes. Face à nous, un écriteau précisant que le papier usagé se jette dans la poubelle, et pas dans la cuvette. Les évacuations ne sont pas adaptées. On voulait du dépaysement, on est servis.


Peut-on se connecter à internet

A peine arrivés dans la chambre, Alain nous conseille d’utiliser Maps.me, (si vous voulez le télécharger, cliquez ici) mais ici, Internet, c’est pas comme chez nous. A la Havane, et certainement sur toute l’île de Cuba, télécharger une application sur son téléphone, c’est mission impossible. (Sauf si vous avez un forfait pour l’étranger.) Mais les Cubains ont trouvé la parade, Alain a Zapya, ce qui lui permet de se connecter à n’importe quel téléphone pour, par exemple, partager des applications. Il en profite pour nous donner quelques bonnes adresses. En plus de tout ça, les tiroirs de la salle à manger sont remplis de plans et de brochures touristiques. On devrait trouver notre bonheur.

Si vous voulez vraiment vous connecter à internet, il vous faudra d’abord acheter une carte du pays et ensuite trouver un endroit où il y a du wifi sur lequel vous connecter grâce à un code. Les points sont faciles à localiser, il suffit de repérer les rassemblements de gens qui sont scotchés à leur téléphone.

Nos proches étaient assez inquiets lors de notre départ, nous avons donc décidé de ne prévenir qu’une seule personne. Celle-ci était chargée de poster un message sur notre page facebook.

Qu’avons-nous vu?

Le premier jour

Le Malecón

Sur les conseils d’Alain, nous commençons par le Malecón (la digue, en français), que nous avons déjà repéré sur notre nouvelle application Maps.me. En chemin, nous espérons trouver un endroit où déjeuner. Notre hôte nous a indiqué quelques restaurants bons marché, d’après lui. Mais à 9 heures, tout est encore fermé et les menus sont à 20 €, nous pouvons certainement trouver moins cher.

Après 20 minutes de marche, nous arrivons sur le Malecón, une avenue à quatre bandes au bord de la mer, remplie de vieille voitures. Les reportages n’ont pas menti à ce propos. Par contre, l’état des véhicules n’est pas toujours optimal, mais vous pouvez croiser autant de vieilles Ladas que d’américaines. Venir à Cuba, c’est comme faire un bond dans le temps. Vos grands-parents seraient sûrement nostalgiques de voir ces modèles encore en circulation.

Nous n’avons pas vraiment d’itinéraire et marchons au hasard des rues. Rejoindre le centre nous prendra une bonne heure. A priori, les bâtiments semblent abandonnés, leur entretien ne parait pas être la priorité ici, mais c’est aussi ça Cuba. Au fur et à mesure de notre balade, nous sommes émerveillés par les couleurs, les formes et l’ambiance de la ville.

Le callejon de Hamel

Jusqu’au moment où nous nous faisons accoster par deux cubaines qui nous proposent de nous faire découvrir un quartier de la ville. Nous restons méfiants, mais nous les suivons quand-même. Elles nous emmènent au Callejon de Hamel, un quartier d’artistes, coloré à foison et construit grâce au recyclages d’objets aussi atypiques qu’étonnants. Nous comprendrons vite que cette visite n’est en fait qu’un attrape touriste. Elles nous guident vers tous les commerçants qu’elles connaissent où nous sommes invités à consommer leurs spécialités. Quoi qu’il en soit, le seul but de cette visite est de récupérer un tip/pourboire. Bons joueurs, nous leurs donnons quelques pièces.

Il est encore tôt, nous continuons notre route en direction du Capitole et de ses alentours, le grand théâtre de la Havane, les parcs et tous ces véhicules rétros qui n’attendent que les touristes. De là, nous nous dirigeons vers le vieux Havane où nous souperons.

Le deuxième jour

Le parc Almendares

Nous sommes en manque de nature et décidons de visiter le parc Almendares, son jardin botanique et ses anciennes constructions. Un coin de verdure qui s’étend sur plus de 700 hectares. Comme pour l’architecture de la ville, celui-ci semble complètement laissé à l’abandon. Pourtant, nous croisons des hommes d’entretien. Apparemment les exigences ne sont pas les mêmes que chez nous. Plusieurs endroits de ce parc sont des spots idéaux pour les taxis ancêtres qui font d’excellents guides touristiques. En tout cas, nous les avons rencontrés dans tous les endroits conseillés dans les guides. Tout ça a un coût que nous ne connaissons pas et il est certain que vous en trouverez peu qui parlent bien anglais, et n’en cherchez pas un qui parle français. Pour cela, il vous faudra faire appel à un guide professionnel.

Le dîner

Après cette longue marche, la faim se fait sentir, nous retournons en ville pour dîner. Nous nous arrêtons dans un petit restaurant où la serveuse tente de nous expliquer les plats, mais nous ne comprenons pas la moitié et lorsque la commande arrive, nous comprenons pourquoi la serveuse nous regardait bizarrement. Quand vous avez des clients qui commande une salade accompagnée d’une sauce blanche et un hamburger avec des patates douces au vinaigre, il y a de quoi être surpris. Arrive le moment de l’addition. Lisandre nous a prévenu qu’à La Havane, les serveuses/serveurs ont tendance à gonfler la note quand elles/ils ont affaire à des touristes. Heureusement, nous avions fait le compte avant de rendre la carte, car le montant était un supérieur à notre calcul.

Le ventre bien rempli et la tête pleine d’anecdotes, nous nous dirigeons vers le cimetière qui, d’après les guides, est à voir. Mais 5€ d’entrée par personne, cela nous semble être une aberration pour voir des tombes, aussi impressionnantes soient-elles. Si vous faites d’autre pays d’Amérique latine, comme la Bolivie ou l’Argentine, nous vous conseillons ceux de Sucre et de Buenos Aires qui sont, d’après nous, juste grandioses, peut-être plus que celui du Père-Lachaise à Paris.


Le troisième jour

Le musée de la révolution

Il est temps de se renseigner un peu sur l’histoire du pays. On ne peut pas être à La Havane sans voir le musée de la révolution. Celui-ci se situe dans l’ancien palais présidentiel, un bâtiment vieux de près de 100 ans. La visite commence par une reconstitution en taille réelle du Che et de son ami Camilo Cienfuegos dans la pampa. Nous faisons la visite dans le mauvais sens, mais il faut dire que le parcours n’est pas fléché. Si vous y allez, vous devez débuter par le bout du couloir. Enfin, si l’ordre chronologique vous importe.

Ce musée est riche d’objets, de lettres, de journaux, et même de véhicules militaires. Les explicatifs sont en espagnol ou en anglais, il faut aussi le savoir. Lorsque nous y sommes allés, le bâtiment était en pleine rénovation, vous aurez donc peut-être la chance de voir des pièces toutes neuves. Cette bâtisse est aussi intéressante pour son architecture, que pour son histoire et les présidents qui s’y sont succédés. Bref, nous le recommandons chaudement.

Les alentours de la baie

A la sortie, nous avons traversé la place pour rejoindre le château de La Punta. De là, nous repérons un fort, nous faisons le tour pour le rejoindre, mais il n’y a pas d’entrée. Quelqu’un nous explique que pour entrer dans le fort El Morro, nous devons prendre le bus qui passe en dessous de l’eau. Il est tard, ce sera pour le lendemain. Nous faisons quelques courses et rentrons.


Le dernier jour

Le fort El Morro

Pour le dernier jour, nous nous baladons dans la ville et surtout nous nous rendons au fort El Morro, de l’autre côté de la baie. De là, nous avons une vue imprenable sur le Malecón. Le bâtiment est encore en assez bon état vu son âge et les batailles qui s’y sont déroulées. Les différentes pièces sont occupées par des expositions sur divers sujets. Nous avons pu y voir de nombreuses reconstitutions de navires, des peintures, des objets d’époque, etc.  Le tour du fort fini, nous nous baladons aux alentours. Nous sommes choqués de découvrir que chaque espace, trou ou interstice est rempli de détritus. Malheureusement, c’est comme ça pour tous les endroits de La Havane que nous avons visité.

La dernière sortie à La Havane

Non loin de là, il est possible de voir un autre fort, mais il est déjà tard et nous préférons prendre le bus du retour. C’est notre dernier jour, ce soir, on s’offre un restaurant Libanais. Tout heureux de se faire une sortie, nous profitons de cette dernière balade nocturne. Après 30 minutes de marche, nous arrivons à destination. Le lieux nous semble propre et presque chic. Nous n’en dirons pas autant pour le service, Estelle recevra son plat assez vite, alors que celui de Julien n’arrivera jamais. Nous payons nos consommations sans qu’aucun geste commerciale ne soit proposé. Il est plus de 22 heures et faisons le chemin de retour à pied. Jamais nous n’aurons été ennuyés par qui que ce soit durant ce séjours, mis-à-part les taximen qui klaxonnaient nous proposer leurs services et un homme qui a voulu nous échanger des pesos cubains contre des pesos convertibles.


Où faire des courses?

Les « supermarchés »

Cuba est toujours sous régime communiste et les denrées alimentaires sont encore distribuées parcimonieusement. Ne vous attendez pas à trouver des Carrefours ou des magasins de nuit, ici les approvisionnements sont limités. Tout d’abord, certains « supermarchés » ressemblent à des grands hangars où chaque « rayon » a sa propre caisse. Si vous voulez acheter du fromage, vous devez faire la file, pour la viande, les cosmétiques, les boissons avec ou sans alcool, c’est la même chose.

En ce qui concerne les stocks, c’est aussi très différent. Les magasins reçoivent un certaine quantité de marchandise le matin, et si vous arrivez trop tard dans la journée, vous pouvez vous retrouver face à un rayon complètement vide. Un soir, nous voulons du fromage, nous allons donc au magasin avant de rentrer, vers 17 heures, mais c’est déjà trop tard. Tout a été vendu! Nous devons donc nous contenter de pâtes à la tomate ce soir-là.

Les petits commerces

Pour les autres achats, comme le pain ou les pâtisseries, le principe est le même, si vous voulez quelque chose de précis, il vous faudra arriver au magasin assez tôt avant que tout n’ai été vendu. Par contre, beaucoup de particuliers ouvrent leur maison durant la journée afin de vendre deux-trois babioles aussi insolites qu’inattendues, des briquets et des pinces à cheveux, des écouteurs et des miroirs. La Havane, c’est la ville de la débrouille et ça se voit!


Le départ

Vieux bus jaune avec le capot ouvert

Le bus

Il est déjà temps de nous rendre à notre prochaine destination, le Mexique. Ce matin, nous avons rendez-vous avec Alain et Lissandre pour la remise des clés. Pour rejoindre l’aéroport, ils nous conseillent de prendre le taxi, mais pour une question de budget et l’envie d’exotisme, nous préférons prendre le bus. C’est l’heure de pointe, il est bondé et les gens ne semblent pas enchantés de  nous voir embarquer avec nos gros sacs. Qu’à cela ne tienne, le bus est pour tous le monde, nous tentons malgré tout de prendre le minimum de place. Cette ligne ne va pas jusqu’à l’aéroport, nous devrons changer une dizaine d’arrêts plus loin. Après plus d’une demi-heure d’attente, et plusieurs bus trop remplis pour pouvoir prendre plus de passagers, nous finissons par prendre un taxi pour faire le reste du chemin.

La correspondance

Encore une fois, nous tombons sur un taximan adorable et ravi de discuter de tout et de rien. Nous sommes curieux et sommes fascinés par son véhicule, un modèle hybride entre une Lada de plus de 50 ans et un modèle russe dont nous n’avons pas retenu le nom, mais qui roule encore très bien. C’est assez sidérant de se rendre compte que ces engins peuvent encore avoir une vie ailleurs.

L’avis de Julien:

« Pour moi, partir à Cuba, c’était un peu comme aller à New York la première fois. J’en avais entendu parler 1000 fois, mais malgré tout je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Et la surprise était au rendez-vous! A chaque coin de rue, que ce soit dans la beauté ou la vétusté de l’architecture, le passage des vieilles voitures super entretenues et les autres dont la carrosserie ne tient qu’à l’aide de fils de fer rouillés, La Habana m’a fait voyagé entre décors de cartes postales et leurs opposés. Chaque seconde passée là-bas m’a rappelée que cette île a eu un passé glorieux, mais qu’aujourd’hui une autre réalité plus difficile a pris le dessus. Et pourtant, ces exemples de débrouillardise quotidienne, cette bonne humeur constante et les sourires sur les visages des Cubains m’ont permis d’apprécier très fort notre séjour. Un excellente surprise, un coup de coeur!« 

Les plus:

  • Un dépaysement total!

  • L’amabilité et la bonne humeur des Cubains

Les moins

  • Des prix parfois excessifs dans les restaurants touristiques

  • Une saleté permanente dans les lieux publiques et historiques

L’avis d’Estelle:

« Cuba, j’en avais tellement entendu parler qu’aller en Amérique latine devait OBLIGATOIREMENT passer par cette île mythique et chargée d’histoire. Et le Ché, ce personnage emblématique qui m’inspire et me fascine…

J’ai été émerveillée par cette première destination, c’était tellement différent de l’Europe et de tous les endroits où j’ai été. J’étais un peu stressée à l’atterrissage, d’abord parce qu’avant le départ, les gens nous rappelaient à quel point ces pays sont dangereux et puis, parce qu’au final, je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds.

Finalement, cette expérience m’aura confirmé  que nous avons fait le bon choix en partant. Contrairement à toutes mes craintes, les gens étaient ADORABLES avec nous, comme dans beaucoup d’endroit du monde, ce sont ceux qui possèdent le moins de richesses matérielles qui sont les plus généreux. 

Le communisme à l’extrême n’est pas la meilleure chose et je ne suis pas sûre que la vie des Cubains soit rose tous les jours, mais ils ont réussi à s’en accommoder et à trouver des parades. Ce que je retiens de cette escale, c’est que j’ai eu énormément de chance de naître dans un pays presque démocratique. Voir ces magasins à moitié vides m’a conscientisée encore plus face au gaspillage et à tous ces besoins qu’on se crée en permanence »

Fleuve traversant La Havane

Les pus

  • Me rendre compte que toutes ces craintes vis-à-vis des Cubains étaient totalement infondées

  • Adapter mes menus à l’offre au lieux de mes envies du moment

Les moins

  • La pollution due à l’âge avancé des véhicules et au peu de moyens de leurs propriétaires

  • Les détritus qui envahissent chaque recoin reculé de la ville


Astuces:

Cette rubrique est en partie un résumé de ce qui précède. Si vous avez lu tout l’article, ceci peut vous servir de pense-bête.

Ampoule et soquet en train de brancher une prise

  • Les cubains vous apprendront à prendre votre temps, inutile donc de s’énerver, ça ne les fera pas accélérer.

 

  • Pas de wifi à Cuba. Si vous voulez vous connecter, il faudra acheter une carte du pays et vous rendre près des points qui fournissent du wifi, comme les hôtels, etc. Ils sont faciles à repérer, c’est là que les cubains sont scotchés à leur téléphone.

 

  • La Callejon de Hamel est un attrape touriste pittoresque. Vous pouvez vous y rendre, mais si on vous propose de le visiter, ce sera en espérant un tip.

 

  • Au restaurant, calculez le prix de votre commande, car les arnaques sont monnaie courante. Par contre, il faudra compter 10% supplémentaire pour le service.
  • Les grands magasins, comme nous l’entendons, n’existent pas ici. les approvisionnements ne se font qu’une fois par jour. Si vous voulez être sûr de trouver ce que vous voulez, faites vos courses le matin.

 

  • Les meilleurs guides touristiques sont les taxis d’ancêtres qui baladent des touristes toute la journée à la découverte de leur ville.

 

  • Si vous prenez un taxi ancêtre, il vous faudra bien comprendre l’espagnol car peu maîtrisent l’anglais et encore moins le français.

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