Ju et Stl en vadrouille

Notre voyage à la "locale"

Guatemala

Guatemala city

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Guatemala city

L’arrivée

C’est un peu stressés et fatigués que nous débarquons à Guatemala city après 8 heures de route. De plus, entre les avertissements de nos hôtes, ceux des employés de la compagnie de bus et la route allongée à cause d’un gros accident, nous ne sommes pas au top de notre forme. Malgré tout, nous décidons de ne pas nous laisser abattre. Et c’est prudents, mais confiants, que nous partons à la recherche d’une banque.


D’abord, il nous faut des Quezals (monnaie locale). Sur les conseils de locaux, nous traversons le pont qui mène de l’autre côté de la route rapide pour rejoindre la banque la plus proche. Il est 14h et les banques sont fermées, comme tous les samedis. Mais ne nous alarmons pas! Il y a certainement un ATM dans le coin. Suite aux recommandations d’un local, nous nous dirigeons vers la pompe à essence la plus proche et coup de chance, il y a un distributeur. Il faut dire que les sacs sont lourds et qu’il fait très chaud, nous n’avons pas très envie de devoir traverser toute la ville à la recherche d’un peu d’argent.

À la recherche d’un taxi

Maintenant que nous avons de quoi payer un taxi, nous retraversons la passerelle et trouvons un taxi. Dont le chauffeur, nous met en garde très gentillement sur la dangerosité de cette ville. D’après lui, les touristes sont les cibles idéales pour les arnaques en tout genre et surtout pour les voleurs à l’arrachée. Malgré notre optimisme naturel, notre confiance diminue de minute en minute. Finalement, le trajet est assez court et nous voilà déjà à destination. Notre logement se trouve dans un restaurant. Très vite, nous sommes pris en charge par une demoiselle qui nous montre notre chambre….

Comment expliquer? C’est stupéfait que nous découvrons une extension d’environs 12 m² sur un toit avec un vieux lit, une « kitchinette » composée d’une table et deux chaises , ne parlons même pas de la salle de douche. Et pour compléter le tableau, nous n’avons ni eau,  ni électricité. Là, c’est plus que ce qu’on ne peut accepter, on est partis à l’aventure, cependant, notre culture européenne revient vite et ce manque de confort ne nous convient pas du tout. De plus, nous n’avons pas encore vu nos hôtes et ne savons pas le genre de travail qu’elles attendent de nous. Estelle, optimiste, veut voir, Julien, quant à lui, est de moins en moins enthousiaste. Malgré tout, nous voulons trouver un arrangement et savoir en quoi consiste ce volontariat.

La rencontre

Bref, nous attendrons 2 heures avant qu’elles n’arrivent, ce qui nous laisse le temps de nous renseigner auprès du site Workaway pour ne pas nous mettre dans nos torts. De leur côté, rien à faire, nous devons nous arranger avec nos « employeuses ». En fin de compte, il est 18 h et l’une des filles est là, elle nous avait promis de nous donner une autre chambre, c’est donc la première chose que nous mettrons en place. En la rencontrant, nous comprenons vite qu’elle fera son maximum pour que nous soyons biens. Ce qui remonte notre optimisme d’un cran. En attendant, elle nous aide à déplacer les meubles et à nous installer.

Maintenant, il est temps de parler de notre « travail », refaire un chambranle de porte à partir de planches de bois et le tout avec deux, trois outils rudimentaires comme tournevis, marteau, mais pas la peine d’espérer une scie électrique ou autre. De plus, elle nous annonce que nous devrons faire ça seul. Pour notre premier volontariat, c’est mal parti, nous ne sommes ni charpentier, ni Mac Gyver.


Le souper

A première vue, Jany voit notre air dépité et nous propose de visiter sa maison où nous retrouverons sa compagne. Il est près de 20 h quand nous arrivons chez elle. A première vue, c’est un vieux bâtiments avec, en son cœur, un atrium tout comme l’endroit où nous logeons, de toute évidence, cette architecture est typique du Guatemala. Voilà le moment des présentations avec sa compagne, une jeune Colombienne adorable. Par ailleurs, nous n’avons toujours rien à souper et elle nous le répète encore que c’est dangereux pour un touriste de se promener en ville après 18 h.

Tellement mal à l’aise, elles nous proposent de manger avec elles. Donc, nous en profitons pour faire connaissance, elles sont drôles et très gentilles. D’ailleurs, elles nous touchent, ce qui nous donne encore plus envie de les aider. Maintenant, il est 22 h et c’est le moment pour nous de rentrer. Avant de nous coucher, nous prenons le temps de vérifier nos mails, on ne sait jamais que quelqu’un d’autre nous ait contacté pour un autre Workaway, ce qui serait pour nous le signe de changer d’endroit. Rien. Par conséquent, nous nous préparons à nous mettre au lit et c’est à ce moment-là que nous n’avons plus d’eau. Le sort s’acharne!

Toutefois, nous relativisons, les choses vont s’arranger, on va trouver une solution. A cette heure-ci, il est trop tard pour chercher un hôtel et la nuit porte conseil. Le lendemain, nous nous levons tôt pour visiter la ville et réfléchir. Pour toutes ces raisons, nous décidons de quitter Guatemala city pour rejoindre la ville la plus proche. Sur les recommandations de Jany, nous irons à Antigua. Après une bonne balade, Jany et sa compagne nous rejoignent pour nous conduire à la station de bus,. Durant le trajet, nous leurs expliquons les raisons de notre départ et les remercions de leur aide. Ainsi, c’est sur le bord de la route que nous leur disons au revoir et leurs souhaitons bonne chance pour la suite.

vieux bus scolaire coloré et décoré à l'excès


L’avis de Julien

« Après avoir visité La Havane et une petite partie du Yucatan au Mexique, j’avais pris confiance et me disais que tout allait continuer comme ça, bien, calmement et sereinement. Mais notre voyage a pris un tournant intéressant lors de notre arrivée au Guatemala. Tous nous disaient que c’était un pays dangereux, depuis les personnes rencontrées à la station de bus, jusqu’aux adorables hôtes qui nous ont logés une courte nuit dans la capitale. Ce qui m’a mis particulièrement mal à l’aise, la tension montait un peu plus à chaque rencontre et ma sérénité s’étiolait seconde après seconde… Remplacée par un état de danger imminent, un risque permanent.

Heureusement, Jany et sa compagne ont été très compréhensives lorsque nous leurs avons annoncé que nous souhaitions quitter Guatemala City au plus vite. Et de ce fait ne pas respecter notre engagement de les aider en échange du logement et du couvert. Pour elles deux également, c’était un premier essai et tout comme nous, elles ne savaient pas comment ça allait se passer. Mais encore merci à elles pour leur compréhension, leur accueil, leur grand cœur et leur respect.

Ce que je retiendrai de cette expérience, c’est que nous n’étions qu’au début de l’aventure et que je n’étais pas prêt à vivre un contraste aussi décalé de la vie que j’avais toujours connu. Ce qui est sûr, c’est qu’on en était encore qu’au début du voyage et de cette formidable aventure qui a transformé ma vie, ma façon de penser et d’appréhender les choses. Je ne me sentais pas bien, en tout cas, moins bien qu’Estelle à ce moment-là.

Et je pense qu’aujourd’hui, dans la même situation et avec l’expérience que j’ai acquis depuis, je réagirais différemment. Je me satisferais du peu que ces deux adorables filles auraient à nous offrir. Ce voyage fut non seulement une découverte de pays, paysages, cultures, de rencontres humaines, d’échanges. Mais également, et surtout, une découverte de moi-même, de ce que je peux « supporter », « endurer », « accepter ». Le résultat est que mes exigences de propreté et de confort ont ostensiblement baissées. Avec le recul, je pense avoir laissé dans ce logement rudimentaire une part de moi. Celle qui a influencée jusque là ma vision du monde. Et j’ai emporté avec moi une question fondamentale: de quoi ai-je réellement besoin pour vivre?

 

Les plus

 

  • L’expérience personnelle acquise, la remise en question de principes personnels fondamentaux.
  • La rencontre de deux très belles personnes.
  • L’occasion pour nous deux de constater notre force à ne pas se laisser abattre et à trouver une solution.

Les moins

 

  • Une première expérience compliquée de volontariat.
  • Une trace difficilement effaçable du risque encouru par le simple fait d’être un touriste à Guatemala City.
  • Une courte visite de la ville, dans un état de stress, qui ne m’a pas permis de réellement apprécier ce que Guatemala City avait à m’offrir.

L’avis d’Estelle

« Depuis quelques années, je suis de plus en plus optimiste, plus encore depuis que je suis avec Julien. Il faut dire que depuis que nous avons décidé de tout plaquer et de partir à l’aventure, les choses se mettent en place d’elles-mêmes. Malgré ça, je me suis laissé influencer par les peurs des gens. Il faut dire qu’entre les embouteillages, la banque fermée, les personnes qui nous ont engagés pour le Workaway qui ne sont pas là à notre arrivée, le travail qui n’est pas dans nos compétences et tout ce que nous avons cités au-dessus, les éléments se sont accumulés pour que je décide de partir au plus vite. Je déteste baisser les bras mais là, je ne suis pas prête pour ça. Peut-être que l’avis des locaux a été un argument de poids.

bâtiment espagnol avec en avant-plan une fontaine

Je ne saurai peut-être jamais si cette ville était vraiment dangereuse ou pas. Mais je suis sûre d’une chose, c’est que je n’étais pas prête à ce moment-là à vivre comme ça. Malgré cette mauvaise expérience, je garde un souvenirs merveilleux de ce couple de lesbiennes. Finalement, le seul souvenir que je veux garder de cette aventure, ce sont ces deux jeunes femmes. Car elles m’ont touchés, par leur gentillesse, leur sourire, leur parcours et leur honnêteté. Elles ont fait leur maximum pour nous aider à partir, comme nous déposer avec nos sac à la station de bus et négocier le prix du trajet. Finalement, elles nous ont envoyés à Antigua, une petite ville pleine de charme.

Malgré tout, je reste persuadé que cette ville peut être dangereuse, comme n’importe quelle grande ville. Mais faut-il éviter de sortir après 18 h, au risque de se faire agresser? Rien de moins sûr. Nous n’avons eu aucun problème dans les autres pays, pourtant, nous sortions le soir. En conclusion, je dirais que chaque expérience est différente et je ne peux rien garantir. »

Les plus

 

  • La gentillesse des gens.
  • Le zen avec lequel nous avons trouvés une solution ensemble.
  • Le climat plutôt agréable au mois de janvier.

Les moins

 

  • Le stress véhiculé envers les touristes
  • Le manque de suivi du site WorkAway
  • La non-présence des « employeuses » lors de notre arrivée

Les astuces

Cette rubrique est en partie un résumé de ce qui précède. Si vous avez lu tout l’article, ceci peut vous servir de pense-bête.

Ampoule ton brun orange flouté

 

 

  • Les banques sont fermées du samedi après-midi au lundi matin.
  • Les bus locaux peuvent vous faire payer deux places si vous avez des gros sacs.
  • Il est possible d’acheter des boissons ou de la nourritures dans le bus.
  • Antigua n’est qu’à 1 h 30 de Guatemala city en bus.
  • Les chauffeurs de bus roulent assez vite, si vous avez le mal du transport, prenez plutôt un taxi.
  • Les supermarchés sont ouverts le dimanche.
  • L’eau n’est pas potable, si vous rester quelques jours au même endroit, il est plus avantageux d’acheter des grandes bouteilles de 5 litres et de remplir des gourdes ou des petites bouteilles.
  • Pour circuler en ville avec les moyens de transport, vous devrez acheter une carte.

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