Cuba

Cuba - Statue du CHe

Première étape de notre périple en Amérique Latine, la fameuse île de Cuba. Nous sommes tous les deux passionnés par ce pays et son histoire, mais particulièrement par l’histoire du Ché qui nous intrigue. Je ne vais pas vous mentir, nous n’avons pas parcouru toute l’île, nous ne faisons qu’une escale de 3 jours à La Havane. Mais penchons-nous sur le pays en lui-même.

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ATTENTION
Avant de commencer, il faut savoir que pour rentrer sur l’île de Cuba, il faut avoir une preuve de sortie du territoire, billet d’avion ou de bateau. Si vous ne savez pas encore où aller, ou quand partir, une bonne alternative est l’achat d’un « faux billet ». Beaucoup de sites proposent ce genre de service, comme le site onwardticket qui m’a été recommandé par un voyageur français.

Informations pratiques :

Commençons par situer le pays sur la carte :

Avant de parler de mon expérience personnelle, j’aimerais parler du pays et donner quelques informations plus générales trouvées principalement sur Wikipédia.

Commençons par la superficie et le voisinage :

La superficie :

Comme vous le savez, Cuba est une île au beau milieu des Antilles, c’est même la plus grande de cette région, elle s’étend sur pas moins de 110.860 km², comprenant l’île de la jeunesse et 4 095 cayes et îlots. (wikipedia)

Les voisins de Cuba :

Située à l’Ouest des grandes Antilles entre la mer des Caraïbes, le golfe du Mexique et l’océan Atlantique, cette île est entourée par cinq îles et deux pays.

Commençons par les îles :

  • Au Nord-est, les îles Caïman
  • Au nord-Nord-ouest, la Jamaïque
  • Au Sud-ouest, les Bahamas
  • Et à l’Ouest, Haïti et les îles Turques-et-Caïques

Et terminons par les pays :

  • À l’Est, le Mexique du côté du Yucatán
  • Et au sud-Sud-est, les USA avec la péninsule de Floride.

Quelle est la capitale et où se trouve-t-elle ?

La ville de La Havane est la capitale du pays et est aussi la plus grande ville des Caraïbes avec pas moins de 720 km² de superficie. Cette ville est traversée du Nord au Sud par la rivière Almendares, qui donne d’ailleurs son nom à l’un des grands parcs de la ville. Il termine sa course dans le détroit de Floride. Ce n’est qu’en 1607 qu’un arrêté royal accorde à la métropole le statut de capitale. Je développe ce sujet dans mon article sur la Havane, mais si vous êtes pressé d’en savoir plus, vous pouvez aussi vous rendre sur l’article Wikipédia d’où je tiens mes sources ou vous rendre sur l’article.

On paye avec quoi et à quel taux ?

Depuis le 1ier janvier 2021, il n’y a plus qu’une monnaie à Cuba, un article à ce sujet en français et un autre en espagnol. Avant cette date, il était possible de payer en pesos cubains ou en « convertible », régler ses achats dans cette dernière permettait d’avoir de meilleurs prix. Personnellement, je trouvais le fait d’avoir deux monnaies différentes très fun, même si c’est vrai que cela peut être handicapant et perturbant.

Pour le taux de change, suivez le lien de xe.com ou l’application android ou apple.

Il semblerait que Cuba garde une certaine rancœur envers les USA, je suppose que c’est la raison pour laquelle échanger des dollars américains est taxé dans le pays. Il est donc plutôt conseiller, soit de retirer sur un compte en banque ou échanger une autre devise à un meilleur taux, comme l’Euro.

Ils sont combien à vivre ici ?

D’après le site world population review, en 2021, ils étaient 11 320 748 à vivre sur les 110 860 km de cette île, ce qui représente une densité de 106 personnes par km².

Quelle est/sont la/les langue/s parlée/s ?

La langue principale à Cuba est l’espagnol qui est parlé par 90 % de la population dont c’est la langue maternelle. La seconde langue officielle est le créole haïtien, car pendant un certain temps, Cuba a accueilli une grande communauté d’immigrés haïtiens. (environ 300 000 personnes) (Wikipédia)

Quel culte suivent-ils ?

Après la révolution de 1959, le pays devient un état officiellement athée et interdit l’adhésion des croyants au PCC (Parti Communiste Cubain). À cette époque, des centaines d’ecclésiastiques sont expulsés ou incarcérés par le régime en place, les adeptes de la Santeria sont également persécutés.

En 1977, Fidel Castro s’implique dans la religion et permet l’adhésion des croyants au Parti communiste cubain. Lors de l’effondrement du bloc soviétique, Cuba subit les retombées de son principal allié commercial, ce qui engendre une crise économique à Cuba. De nombreux pauvres se tournent alors vers la charité de l’église et de ce fait vers la religion (voir les détails plus loin dans l’article). C’est en 1992 que Fidel Castro renonce définitivement à l’athéisme du pays.

De 1969 à 1998, Noël est supprimé des jours fériés officiels par le gouvernement.

Cuba - Eglise style gothique blanche

Après la visite du pape Jean-Paul II à Cuba en janvier 1998, les croyants sont autorisés à être membre du PCC, et à montrer publiquement des symboles religieux. Néanmoins, le bureau des affaires religieuses, qui dépend du PCC, surveille les activités de l’église.

À part le catholicisme, les religions pratiquées sur l’île sont nombreuses. D’abord, il y a la Santeria qui est une religion native de Cuba et également basée sur un dieu unique, pour en savoir plus voici le lien Wikipédia. En ce qui concerne le reste de la population, ils sont soit protestants, témoin de Jéhovah ou de confession musulmane, religion qui fait son entrée sur le territoire cubain vers 1990.

D’après certaines études, plusieurs centaines de milliers de Cubains pratiquent des cultes afro-cubains, la Santeria est le culte plus répandu, mais il y a aussi le Palo Monte/Palo Mayombe et le abakuá qui serait une société secrète.

Et quel temps fait-il par là ?

Le climat dans le pays jouit de sa position privilégiée, étant situé dans le tropique du cancer, les températures moyennes environnent les 25° C. Mais du fait de cet emplacement géographique, l’île est aussi souvent victime d’ouragan. Après des pertes colossales au fil des années, le pays a appris à se protéger et a mis en place des stratégies pour limiter le nombre de victimes et les pertes matérielles. La saison sèche s’étend de novembre à avril et le mois d’août est le mois le plus pluvieux, à savoir qu’il ne pleut jamais plus de 48 heures d’affilée. Pour plus de détails, je vous renvoie à la page Wikipédia (de nouveau).

Remontons le temps et parlons histoire :

Cuba - Monument avec une statue au centre

Pas besoin de vous dire que l’histoire de Cuba est riche en rebondissements, on ne présente plus ni Fidel Castro, ni le Ché, c’est d’ailleurs pour découvrir les récits de leur révolution que je voulais visiter cette île mythique. Depuis de nombreuses années, j’ai une fascination pour ce personnage et surtout pour son combat contre l’envahisseur américain. Mais en lisant l’histoire du pays, j’ai vite déchanté. Pourtant, ce pays a encore bien d’autres aventures à raconter…

La découverte de Cuba et sa colonisation :

Apparemment, les historiens n’ont pas information sur le passé du pays avant sa colonisation. Il semblerait qu’à l’arrivée de Christophe Colomb, le 28 octobre 1492, plusieurs tribus se partageaient le territoire. L’explorateur baptise l’archipel Juana en l’honneur de la fille du roi catholique de l’époque. Le nom de Cuba ne viendra que plus tard et ferait référence à une ville de la province de Alentejo au Portugal.

C’est à partir de 1511 que les Espagnoles s’installent sur l’île, pillant le territoire et s’appropriant les terres où ils développent l’élevage, s’emparent de l’or et par la même occasion réduisent la population locale en esclavage. Ils en profitent pour changer son nom en La Española qui deviendra le deuxième territoire où sera introduit l’esclavage par les colonisateurs. Mais ce sera aussi le pont pour la conquête du reste des Amériques.

Jusqu’en 1664, Cuba dépend administrativement de la capitainerie de Santo Domingo (en République Dominicaine). Très vite, les réserves d’or sont épuisées et de nouveaux moyens de faire de l’argent sont mis en place. Ce sera d’abord la canne à sucre, ensuite, la culture de tabac qui attirera les grands propriétaires terriens. Les conditions de travail intenables et les maladies finissent d’achever les indigènes qui sont remplacés par des esclaves venus d’Afrique pour garantir le développement de l’industrie sucrière. Au 18ᵉ siècle, la population indigène ne se compte plus que par milliers et c’est une société précapitaliste mondiale qui est mise en place par l’Espagne. Celle-ci divise le travail selon des critères de races qui donnera lieu à un premier soulèvement des esclaves Amérindiens et Africains.

Les cultures et leurs révolutions :

Les cultures de café et de sucre font la fortune de nombreux Espagnols, mais pas que, après des émeutes en République Dominicaine, de nombreux Français viennent s’implanter à Cuba. Quand en 1762, les Anglais occupent l’île pour 10 mois, ils déclenchent une ouverture commerciale après que les Espagnoles aient maintenu le monopole pendant de nombreuses années. Cette explosion des ventes demande plus de mains d’œuvre, de nouveaux esclaves sont donc introduits sur l’île. En 1840, Cuba possède le réseau de chemin de fer le plus moderne de l’Amérique Latine. Celui-ci est construit presque exclusivement pour l’industrie sucrière. Entre 1850 et 1860, l’arrivée d’esclaves augmente encore, mais maintenant, ils ne viennent plus exclusivement d’Afrique, mais également de Chine. Ce n’est qu’en 1886 que l’esclavage est aboli à Cuba. Mais avant et malgré l’interdiction de la traite négrière, les grands sucriers continuent d’importer des « travailleurs ». Ils commencent même à tenter de créer des élevages en faisant du « couplage de reproductrices et d’étalons », pratique ayant fait la fortune des Anglais et des cotonniers des USA. Mais à partir de 1840 arrivent les paysans pauvres d’Espagne (les péons) et des travailleurs blancs amenés par les Anglais d’Irlande, mais aussi les Indiens mayas du Yucatán fait prisonniers par l’armée mexicaine, des Égyptiens et des Syriens, et également des Chinois que les anciens négriers ramènent de la guerre de l’opium.

Après la guerre de 10 ans (1868 à 1878), arrive enfin l’abolition de l’esclavage en 1880. Mais celle-ci ne sera appliquée qu’en 1886. En ce qui concerne l’égalité des blancs et des noirs, il faudra attendre 1893 pour qu’elle soit proclamée. C’est aussi grâce à ce pacte que le premier parti politique voit le jour. Bien entendu, quand les réformes promissent avec celui-ci ne sont pas réalisé, un nouveau soulèvement se met en place et débouche sur une guerre d’indépendance le 29 janvier 1895. Cependant, quand arrive la fin de cette révolte, les USA décident d’apporter leur soutient aux insurgés utilisant le prétexte de l’explosion de leur navire pour s’attaquer à l’Espagne le 11 avril 1898. En résultera le traité de Paris le 10 décembre autorisant les USA à mettre un gouvernement militaire d’occupation en place jusqu’en 1902.

La constitution de Cuba de 1901 :

Le 20 mai 1902, la République de Cuba est officiellement créée et est reconnue par l’amendement de Platt (du nom du sénateur américain de l’époque). L’armée américaine se retire, même si elle conserve les bases navales de Guantánamo et de la bahia Honda, mais ils restent surtout les garants de la constitution et ont le droit d’intervenir en cas d’effondrement constitutionnel (ce qui aura lieu en 1906, 1909, 1917 et 1919). Ils gardent également de nombreux investissements sur place et sont surtout le premier client de la canne à sucre cubaine et des importations industrielles.

La monoculture du sucre avec des tarifs préférentiels pour les USA engendre une prospérité rapide, mais surtout une dépendance de Cuba vis-à-vis de son client. Lors de la Première Guerre mondiale, l’Europe ne pouvant pas produire de sucre, son cours flambe, ce qui fait la fortune des producteurs étrangers, dont Cuba. Mais la reprise de la production européenne après la guerre engendre l’effondrement des prix et avec lui les faillites sur l’île.

Après la crise de 1929, les choses s’aggravent amenant avec elle les premiers chômeurs. Ces événements entraînent également des émeutes, du banditisme, des grèves et des manifestations qui profiteront aux nombreuses organisations syndicales. La présidence de Gerardo Machado entre 1925 et 1933 (après une prolongation sans élection en 1929) est considéré comme une dictature par certains Cubains. Ce qui déclenche l’apparition de plusieurs mouvements clandestins armés d’anarcho-syndicalistes. Suite à de multiples révoltes, le président en place doit prendre la fuite le 12 août 1933. L’ambassade américaine intervient et met en place un nouveau président. Malheureusement, celui-ci n’a pas les faveurs du peuple, qui devient de plus en plus un anti-américain. Dès 1933, les relations entre l’Amérique latine et les USA changent suite à la signature de la convention de Montevideo, renonçant ainsi à l’ingérence unilatérale dans les affaires sud-américaines. L’amendement de Platt est abrogé au profit du Traité américano-cubain des relations de 1934.

Le coup d’État de Batista :

Cuba - tank de la révolution

Le 3 septembre 1933, Batista et ses sous-officiers prennent le pouvoir après avoir été contacté par les opposants du président en place. Il devient l’homme fort du pays en étant proclamé chef des armées et distribue le pouvoir politique. Afin d’affirmer son autorité, il fait des purges régulières au sein de l’armée et utilise la force pour rétablir l’ordre dans le pays et faire pression sur les politiques qui ne vont pas dans son sens. Il met d’abord Grau San Martin à la tête de Cuba. Même si celui-ci ne reste en place que quelques mois, il instaurera de nombreuses réformes, comme : le droit de vote des femmes, l’autonomie universitaire, la limitation du travail à 48 heures, le début de la réforme agraire, la création d’un ministère du travail et la nationalisation de l’électricité. Il prône « Cuba aux Cubains » et de ce fait, fait remplacer des non-cubains de leur poste par des natifs. Par la même occasion, il suspend le payement de la dette du pays et abroge unilatéralement l’amendement de Platt. Après 4 mois de gouvernance et des différents avec Batista qui fait pression, il finit par démissionner.

De 1934 à 1936, c’est Carlo Mendieta, qui est à la tête du pays, négocie avec les USA la révocation de l’amendement de Platt, ces derniers conservant la base navale de Guantánamo. Après les élections de 1936, Miguel Mariano Gomez arrive au pouvoir. Mais il veut rendre le pouvoir au peuple, ce qui ne plaît pas au congrès, qui vote sa destitution après seulement quelques mois. Federico Ladero Bru lui succède poursuivant le programme social de Batista. De 1938 à 1959 (à la prise de pouvoir de Fidel Castro), c’est le PSP (Parti Communiste Cubain) qui est à la tête du pays.

La constitution de 1940 à Cuba :

Cuba - taxi ancêtre vert

C’est en 1940 que Batista proclame sa nouvelle constitution démocratique, avec elle, de nouvelles réformes : la garantie des libertés publiques (avec possibilité de suspension en cas de menace contre la sécurité de l’état), un salaire minimum garanti, la limitation de la durée de travail, les congés payés, la réglementation du licenciement, l’établissement d’un système d’assurance-maladie et de chômage et le financement des retraites. Entre 1940 et 1952, les présidents se succèdent entre Batista, élu démocratiquement et le retour de Ramón Grau San Martín pour finir par Carlos Prio Socarrás. L’économie est florissante le PIB de Cuba atteint le même niveau que celui de l’Espagne et de l’Italie. Malgré tout, les inégalités subsistent entre l’Ouest du pays qui a un niveau de vie comparable à celui des USA et l’Est qui stagne dans la pauvreté. Ce qui donne lieu à de nombreuses rumeurs de corruption.

Le retour de Batista :

Le 10 mai 1952, Batista reprend le pouvoir avec l’appui de l’armée. Cette fois, il met complètement fin à la constitution et révèle sa dictature. Plus aucun parti politique n’est autorisé, la corruption n’est plus cachée et les opposants sont torturés et parfois même exécutés. L’île dépend presque entièrement des USA, qui est son principal acheteur de sucre (plus de 80 % de sa production est envoyé aux States), mais également pour l’approvisionnement en matière première. À peu de choses près, seules les grandes villes ont accès aux différents services ; hôpitaux, écoles, etc. Les inégalités entre la richesse des villes et la pauvreté des campagnes et la malnutrition s’amplifient.

L’arrivée de Fidel Castro et de ses idées révolutionnaires :

Fidel Castro est issu d’une famille aisée de Santiago de Cuba, ce qui lui permet de faire des études de droit. C’est à l’université qu’il commence sa carrière dans un parti politique estudiantin. Très vite, il s’engage dans la lutte contre le dictateur de République Dominicaine, Trujillo et rejoint l’entraînement militaire proposé par les combattants du régime. Même si l’expédition est un fiasco, il en tire des enseignements pour sa prochaine révolution contre Batista. L’annulation des élections de 1952 lui donne un bon prétexte pour préparer son soulèvement militaire.

Il tente sa première attaque en 1953 sur la caserne Moncada, mais est arrêté et emprisonné jusque 1955 sur l’île des Pins, malgré un plaidoyer à huis clos qui restera célèbre et qui sera expliqué dans le livre « L’histoire m’acquittera ». À sa sortie de prison en 1955, il fuit vers le Mexique avec son frère, là-bas, il rencontre Ernesto Che Guevara, plus connu sous le pseudonyme du « Ché ».

Le début de la lutte armée:

En 1956, Fidel Castro débarque avec 82 hommes sur le bateau Granma, mais la majorité de barbudos (nom du commando) sera, soit arrêté, soit tué. Le reste de l’expédition se réfugie dans la Sierra Maestra. Le Ché est gravement blessé, mais les révolutionnaires sont aidés et rejoints par des paysans fatigués de la répression et de la misère grandissante. Très vite, une nouvelle armée révolutionnaire se met en place et ce sont 800 hommes qui se lancent à la conquête de la caserne de la Plata qui sera leur première victoire contre Batista. Ce succès met la population en confiance et ils rejoignent bientôt le camps des insurgés. Quand le Ché prend le commandement de l’armée rebelle, le président prend peur et promet une récompense de 4000 $ à celui ou celle qui lui livrera le commandant. En décembre 1958, après avoir conquis Santa Clara et Santiago de Cuba, fort de leur réussite, ils partent pour La Havane où ils battront définitivement l’armée, poussant Batista à fuir le pays après la prise de La Havane et de Santiago en janvier 1959.

Quand Cuba rompt avec les USA :

Quelques mois après sa prise de pouvoir, Fidel se rend aux USA pour leur assurer qu’il ne se rangera pas du côté du communisme. Il leur déclare : « le capitalisme sacrifie l’homme et le communisme sacrifie les droits de l’homme, et pour ces raisons, je ne suis ni pour l’un, ni pour l’autre« . Il finira en disant : « la révolution n’est pas rouge, mais vert olive » (de la couleur des uniformes de la guérilla). Dans ses écrits de juin 1958, il confesse que la guerre contre le Nord-Américain est son vrai destin. Lorsqu’il nationalise les firmes américaines, les relations se tendent un peu plus. C’est l’explosion d’un cargo français sur les côtes cubaine qui met le feu aux poudres quand le gouvernement de Cuba accuse les Américains d’avoir fomenté l’attaque. À ces mots, Eisenhower autorise l’armement de Miami et du Guatemala, avant de mettre en place les sanctions économiques contre Cuba. Suite à ces événements, le dirigeant soviétique Kroutchnev se déclare prêt à défendre l’île. L’embargo des USA sur Cuba est déclaré le 3 février 1962.

C’est le moment du changement pour Cuba :

Le changement commence par une réforme qui a pour but de redistribuer les terres agricoles, il démantèle les grandes propriétés appelées « lafundia » pour les répartir entre les paysans. L’idée est de favoriser les coopératives, même si la moitié des terres est nationalisée. Dans la même dynamique, l’INRA (Instituto Nacional de Reforma Agraria) est créée et avec elle un système de crédit aidant à la création des coopératives. Dans le même temps, une loi anti-ségrégation raciale est mise en place apportant avec elle de nouveaux sympathisants « noirs » et « mulâtres ». Pour encourager l’éducation, l’enseignement est nationalisé et devient gratuit dès 1961. Pour s’assurer le succès, des enseignants sont envoyés dans les campagnes pour éradiquer l’analphabétisme. Dans la même dynamique, une couverture médicale universelle et gratuite est également créée. Cuba devient l’un des pays avec le plus de médecins par nombre d’habitants.

Cuba - Bus scolaire américain avec l'avant ouvert
En dérive vers une nouvelle dictature :

Il ne faut pas longtemps au gouvernement pour dissoudre la majorité des organisations et partis politiques du régime précédent, ainsi que les organes de presse. La constitution de 1940 qui octroyait des droits aux citoyens cubains n’est pas renouvelée avant 1976 lors de l’entrée en vigueur de la constitution inspirée de l’URSS. Les avis divergent, les opposants au régime parlent d’encadrement, de surveillance et d’endoctrinement alors que les partisans parlent de transformation du peuple, d’éducation et de fondation de démocratie participative. Pourtant, la délation est vivement encouragée et conduit à une rafle de 100.000 personnes sur base d’une liste de « suspects » en mars 1961. Dans la lancée, la peine de mort est rétablie. Tandis que Fidel Castro s’est indigné en 1953 de ne pas avoir eu droit un procès digne de ce nom, il fait subir le même sort à ses opposants. C’est à ce moment que Ché Guevara est désigné commandant de la forteresse de la Cabaña où sont enfermés et torturés des milliers de suspects opposés au régime en place. Par la même occasion, l’état de Cuba devient officiellement athée et les bâtiments religieux ainsi que tous leurs biens sont nationalisés.

1964 voit également arriver l’unité d’aide à la production qui n’est rien d’autre qu’un camp de concentration où homosexuels et religieux sont emmenés afin d’être « rééduqué ». À la base, le but de ces camps était militaire, pour faciliter l’accès à un travail mieux rémunéré pour tous. Cette unité ne durera que 18 mois après qu’en 1967, Fidel lui-même demande sa fermeture. En 1966, la conférence de la Tricontinentale marque l’entrée de pays latino-américain dans le mouvement des non-alignés. À cette même époque, Cuba intervient dans plusieurs mouvements de guérillas communistes dont celles d’Amérique latine (Venezuela, Guatemala et Bolivie) et d’Afrique (Congo, Algérie, Maroc, Angola et Éthiopie). Le Ché mourra d’ailleurs au cours d’une opération de guérilla en Bolivie en octobre 1967.

Quand les relations se tendent entre Cuba et les USA :

L’attaque de la baie des cochons en 1961 (plus d’informations par ici), au lieu d’affaiblir le pouvoir en place, le renforcer. Castro profite de cet événement pour se rapprocher encore de l’URSS qui sera son allié jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique en 1991. Le 7 février 1962, JFK interdit tout commerce avec Cuba déclarant qu’il est inadmissible d’avoir un état communiste dans l’hémisphère occidental. En octobre 1962, la crise des missiles dégrade encore un peu plus les liens entre Cuba et les USA, après que ceux-ci aient autorisé l’armée soviétique à installer une rampe de missiles balistiques (à capacité nucléaire) de moyenne portée sur le territoire cubain. Après le blocage des navires soviétiques par les Américains et plusieurs jours de négociation, l’URSS finit par retirer son matériel en échange de la promesse que les USA n’envahiront pas Cuba. Malgré cet accord, la CIA continue ses tentatives d’assassinat sur Fidel Castro et son soutien aux groupes anti-castriste. Mais gardent néanmoins la base de Guantánamo.

En août 1975, le président Ford lève l’interdiction de Kennedy de 1962 pour une très courte durée, car en 1980, Ronald Reagan prend la présidence des USA et la remet en place. Il financera même la création de la radio télévisión Marti qui a pour but de renforcer l’idéologie contre le régime de Cuba. À ce moment, il parle même d’un bombardement sur Cuba, d’un blocus militaire et éventuellement d’envahir l’île. De 1959 à 2005, la dureté du régime cubain pousse de nombreuses personnes à fuir le pays. Beaucoup se réfugient aux USA qui facilitent les démarches. Ce sera finalement près de 12 % de la population qui aura fui le pays pour s’installer principalement en Floride.

Quand la révolution fait sa révolution :

En 1976, un nouveau projet de constitution est mis en place basée sur les idées du mouvement de libération nationale de José Martí. Avec cette nouvelle constitution cubaine, les principes d’économies, ainsi que les principes politiques sont complètement revisités. Ce qui amènera Fidel Castro à être élu président de la République de Cuba par l’Assemblée nationale en octobre 1976. Dans les années 1980, face à une crise financière importante due principalement à la diminution des aides de l’URSS, eux-mêmes en pleine crise, le pays doit diminuer ses importations en provenance des pays occidentaux. Ce qui donne lieu à la « rectification de la tendance négative », le but étant de réguler la bureaucratisation de la société, la corruption et d’éradiquer l’homophobie.

Quand Cuba perd son meilleur collaborateur :
Cuba - vitrine de supermarché à moitié vide

Lors de la chute de l’URSS, les pertes d’importations et d’exportations de Cuba font chuter le PIB du pays de 35 %. L’île étant toujours sous l’embargo américain, l’approvisionnement électrique devient très insuffisant. Cette période sera appelée « période spéciale en temps de paix ». Pour faire face à ce déficit, le gouvernement met en place de nombreuses réformes ; réduction du temps de travail dans les usines, rationnement de la consommation électrique domestique, généralisation de l’utilisation du vélo et du covoiturage, décentralisation du système universitaire, développement du solaire et du biogaz. Mais cette crise amène aussi des innovations positive dans le domaine de l’agriculture par exemple, les engrais chimiques et pesticides, trop énergivores sont abandonnés au profit de fertilisants organiques et du recyclage des déchets organiques. La nourriture est également rationnée ce qui a pour effet une perte de poids de la majorité de la population et par la même occasion, une réduction du nombre de maladies cardiovasculaires. Pour plus d’informations sur l’histoire de Cuba, n’hésitez pas à vous rendre sur la page Wikipédia d’où je tiens la majorité de mes informations.

Parlons de mon expérience personnelle maintenant :

Nous n’avons pas parcouru toute l’île de Cuba et nous sommes contentés de la ville de La Havane. Je vous détaille ces trois jours hors du temps à la découverte d’un monde loin du capitalisme européen dans l’article suivant.

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