Dépaysement, 3 jours à La Havane

Nous voulions changer de vie et quitter le monde de consommation européen. Nous ne pouvions pas choisir meilleur endroit que La Havane. Dépaysement garanti.

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La Havane ou la découverte d’un autre monde :

Maintenant que je vous ai parlé plus en général de Cuba, parlons de notre expérience dans la capitale de La Havane.

Entrée du fort de la garde de police de La Havane

Dépaysement garanti, l’arrivée à La Havane :

Notre atterrissage à Cuba est plus dur que ce que je pensais. Pourtant, c’est ce qui m’est arrivé chaque fois que j’ai posé le pied sur un nouveau continent. Cette question qui revient sans cesse : « Mais qu’est-ce que je fous là ? Moi et mes idées géniales!!!! » Et bien sûr, pour agrémenter le tout, l’angoisse s’invite à la fête. Mais très vite, je réalise que tout ce que nous avons préparé pendant un an est devenu réalité et l’excitation prend le dessus.

Ce n’est qu’au moment d’attendre les bagages que l’anxiété revient et s’amplifie, j’ai peur qu’ils soient perdus et n’arrivent jamais. Nous ne sommes plus en Europe et les infrastructures sont beaucoup plus anciennes. Moins de d’une demi-heure plus tard, voici nos sacs qui apparaissent. Encore une peur infondée de novice qui s’envole. Maintenant, le défis est de trouver un ATM où retirer des pesos cubains pour notre séjour. Malgré la vétusté de l’aéroport, ceux-ci ne manquent pas et moins d’un quart d’heure plus tard, nous voilà dehors à la recherche d’un taxi.

Confronté à notre niveau d’espagnol:

Comme à toutes les sorties d’aéroport, les transports sont nombreux, nous n’avons que l’embarras du choix. Mais il est déjà tard et il fait noir sur la capitale, nous prenons le premier taxi qui nous accoste et lui donnons l’adresse de notre logement trouvé sur AirBnb. Très sociables comme à notre habitude, nous profitons du trajet pour faire un brin de causette, mais nous réalisons vite que notre niveau d’espagnol n’est pas aussi bon que nous l’avions espéré. De plus, nous ne sommes pas habitués à l’accent Cubain et certains thermes nous sont complètement inconnu. Peu importe, nous continuons à poser des questions et nous intéressons à notre chauffeur.

À la rencontre de l’hospitalité cubaine :

Il est plus de 20 heures quand nous arrivons à notre logement, nous sommes accueillis par Alain et Lisandra, nos hôtes, qui nous emmènent à notre habitation. Nous entrons dans un joli petit appartement une chambre tout confort et joliment décoré. Ici, il n’y a pas Internet et Alain nous partage l’application Maps.me pour que nous puissions nous repérer dans la ville. Cette application est gratuite et après avoir téléchargé la carte du pays désiré, il est facile de se guider en utilisant uniquement le GPS du téléphone. Pour le télécharger sur Android ou sur Apple store. Ils nous fournissent également quelques cartes touristiques et nous conseillent plusieurs lieux à visiter.

Quelques détails pratiques :

La connexion internet :

Au moment de notre visite, Internet n’est pas très développé dans le pays et le seul moyen d’avoir une connexion est d’acheter une carte prépayée avec laquelle nous pourrions vous connecter au réseau d’un hôtel ou de certains bâtiments officiels. Ces endroits sont facilement repérables, il suffit de trouver les regroupements de gens sur leur téléphone. Pour être complètement dépaysé et nous détacher de notre mode de vie européen, nous décidons de ne pas essayer ce moyen de communication de La Havane. Je ne saurais donc ni vous parler des prix, ni de la qualité de la connexion. Par contre, je vous parlerai des bien fait d’être entièrement déconnecté et de pouvoir profiter à 100 % des visites sans être dérangé par un message ou un appel. D’ailleurs après cette expérience, il a été très rare que nous achetions des cartes de téléphone. En général, nous nous contentons de la connexion de l’endroit où nous sommes ou au besoin nous rendons dans un lieu où il est possible de se connecter. Ce qui nous permet de jouir des paysages et de rencontrer les gens.

Les supermarchés :

Le plus gros choc, ou je devrais plutôt dire la plus grande surprise que nous ayons eue, en ce début de périple, a d’abord été le peu de marchandise dans les rayons des supermarchés de La Havane. Comme à notre habitude, nous attendons d’avoir fini notre balade journalière pour faire nos courses pour le souper. Sauf qu’ici, à Cuba, le système n’est pas du tout le même, les marchandises arrivent une fois par jour et quand il n’y en a plus, il faut attendre le lendemain pour une nouvelle livraison.

La Havane - vitrine de supermaché avec seulement quelques affiches et peu d'articles

C’est comme cela que nous nous sommes retrouvés le premier soir à manger des pâtes à la sauce tomate, sans fromage. Moi qui déteste la surconsommation et la surproduction, je suis séduite par cette gestion des denrées, même si de prime abord, je suis surprise et prise au dépourvu pour notre premier repas en terre latino.

Les petits commerces :

L’argent, ici non plus, ne tombe pas du ciel et les gens se débrouillent comme ils peuvent. Bien sûr, il y a des petits commerces spécifiques, comme le quincaillier ou le pâtissier, mais il arrive également que nous passions devant des maisons dont la porte d’entrée est ouverte sur une table sur laquelle sont placés des objets de toute sorte aussi insolites qu’inattendu. Dans ces « commerce » improvisé, il est possible d’acheter toute sorte d’objet, allant de la pince à cheveux à l’ustensile de cuisine en passant par le chargeur de téléphone, le briquet ou autre.

Les moyens de transports :

Rangée de trois moto-taxi jaunes devant un hôtel

Pas la peine de vous parler des ancêtres qui vous font la visite de la ville à prix d’or. Dois-je vous dire que nous n’avons pas fait cette attraction ? Par contre, j’ai pris beaucoup de plaisir à mitrailler ces engins tout au long de notre court séjour. En revanche, les bus sont très bon marché et extrêmement efficaces pour se rendre d’un point à un autre. Nous avons testé ce mode de transport lorsque nous sommes allés visiter le fort El Morro et aussi quand nous nous sommes rendus à l’aéroport à la fin de notre séjour à La Havane. Et pour terminer sur le sujet des transports, une découverte insolite de cette ville, ce sont les scooters électriques qui sont branchés depuis les maisons ou les appartements. Il nous est régulièrement arrivé de voir des câbles descendre depuis des terrasses vers des scooters garés dans la rue.

Un séjour en terre communiste :

Pour notre première journée, nous partons à la découverte de la capitale. Sur les conseils d’Alain et de Lisandra, nous nous dirigeons vers le Malecon, la digue. Mais avant, nous voudrions trouver un endroit bon marché pour déjeuner. Finalement, nous marchons un long moment avant de rencontrer un vendeur de rue auquel nous achetons des pâtisseries un peu à l’aveugle, il faut bien l’avouer. C’est un peu sec, mais c’est nouveau et intéressant. Nous ne savons toujours pas quel était la composition de ces triangles jaune, mais c’était sucré, cela faisait l’affaire.

Patisserie en triangle de La Havane

Petit tour de La Havane :

Après avoir longé le Malecon, nous sommes accostés par deux jeunes femmes qui nous proposent de nous montrer un quartier peu connu de la ville, en tout cas, c’est ce qu’elles nous prétendent…

El callejón de Hamel :

Un peu d’histoire :

Ce quartier prend le nom de Fernando Belleau Hamel un Américain d’origine franco-allemande, qui achète ce terrain au début du 20ᵉ siècle afin d’y implanté son commerce de matière première et de fonderie où il emploie des afro-descendants et des Chinois. Pour les loger, il construit des maisons, cet acte de générosité fera sa réputation et cet endroit gardera son nom en l’honneur de ses bonnes actions envers la communauté locale. (informations du site casa-buenavista.com)

La reconversion du quartier Cayo hueso :

La transformation de ce quartier est l’initiative d’un artiste afro-cubain du nom de Salvador Gonzáles Escalona, surnommé, Salvador. En 1990, en plein pendant ce qui s’est appelé « la drôle de période en temps de paix » (dont je parle dans l’article sur Cuba), le gouvernement cubain décide de mettre l’accent sur la culture cubaine. Salvador amorcera donc son projet socioculturel dans le quartier de Hamel à La Havane. Il commence par un premier mural dont la thématique est l’art afro-cubain. Le quartier de « Cayo Hueso » où se trouve cette rue est le quartier afro-cubain de la capitale. Le but de cette initiative étant de redonner ses lettres de noblesse à cet art, au travers de la peinture, de la sculpture, de la musique ou de la danse. Il faudra attendre 4 ans avant que ce quartier coloré finisse par se populariser au point devenir un endroit incontournable. Grâce, notamment à la promotion de ses initiateurs, mais aussi aux nombreuses activités mises en place : cours de musique, de peinture et de danse destiné aux jeunes du quartier. L’autre objectif de ce projet est d’éradiquer ou au moins de diminuer la délinquance en donnant aux adolescents d’autres moyens d’occuper leur temps libre. La phrase à l’entrée du Callejón de Hamel explique bien l’esprit de ce lieu « Yo puedo esperar más que tú, porque soy el tiempo« , ce qui signifie « Je peux attendre plus longtemps que toi, puisque je suis le temps« , un beau message d’espoir. (plusieurs sources : Wikipédia et tourisme-cuba.fr (en français) et radio-redelbe.cu (en espagnol)

Notre visite :

Nous avons été émerveillés par ce quartier où tout n’est qu’objets recyclés. Entre les baignoires, les pompes à eau, les moulins à vent et d’autres objets plus insolites les uns que les autres et peint pour donner de la vie à l’endroit, les murs aux couleurs flamboyantes, la reproduction du trône de Games of trone et surtout toutes les références au livre « Le petit prince » (qui est l’un de mes livres préférés). Je ne pouvais que tomber sous le charme de cet endroit hors du commun et du temps. Mais dans ce quartier, il est aussi possible de boire un verre, de manger et d’acheter des souvenirs.

La Havane - Callejòn Hamel

En fait, comme des novices que nous étions, nous pensions avoir trouvé un quartier secret, mais non. Ce n’est que quand nos guides nous ont demandé de l’argent que nous avons compris que nous nous étions fait avoir. Malgré tout, c’était une très belle découverte qui pour moi valait le détour. Je crains néanmoins qu’avec le temps, il devienne de plus en plus touristique et qu’il perde un peu de son charme caché derrière la horde de touriste. Malheureusement, c’est le risque, et cela n’altérera peut-être pas son intérêt hors du commun. En plus du lien google maps, voici le lien vers Maps.me, au cas où vous auriez suivi mes conseils.

Sur la carte :

Paseo de Martí :

Un peu d’histoire :

Cette avenue mythique en dehors des murailles de la ville a été construite en 1772 sur l’ordre du Marquis de Torre, il débute à la fontaine de la India et se termine au niveau du Malecón. Cette rue, qui avec le temps est devenue emblématique, a porté plusieurs noms : Paseo del Prado, Alameda de extramuros (allée extramuros), Alameda de Isabel II (1841 – 1843) en l’honneur de la reine d’Espagne, Paseo del Nuevo Prado (promenade du nouveau pré), Paseo del Conde de la casa Moré (Promenade du comte de la maison Moré). Il a été remodelé en 1834, un pavement a été placé dans toute l’allée, mais aussi, des bancs ont également été ajoutés, ainsi qu’un éclairage de nuit.

C’est en 1928 qu’il prend l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. Ce chantier sera confié à l’architecte français, Jean-Claude Nicolas Forestier qui la transforme en l’une des plus importantes avenues de La Havane. Les huit statues de lion qui la bordent ont été ajoutées à la même époque, ils sont fondus dans l’acier des canons qui servaient à protéger l’île aux temps des pirates. Ce travail sera réalisé par un duo franco-cubain, François Puiforcat et Juan Comas. Durant cette période, il deviendra l’endroit à la mode pour la bourgeoisie cubaine. De nos jours, c’est l’un des endroits touristiques incontournables de la ville.

Pour plus de détails, voici les nombreuses sources d’où je tiens mes informations, en espagnol : 101viajes.com, norfipc.com, Wikipédia et en français : cubavoyage.org, lettresdecuba.cult.cu

Notre visite :

Comme vous le savez, je ne suis pas une grande fan des endroits touristiques, mais une fois de plus, nous avons eu pas mal de chance et l’avenue était presque vide quand nous nous y sommes baladés. Pendant notre promenade, j’avais l’impression qu’il y avait une atmosphère particulière dans cette rue, mais peut-être est-ce ma curiosité pour cette île et son combat qui m’a joué des tours. Bien sûr, comme beaucoup d’endroit de la ville, rien n’est entretenu, les pavés ne sont plus très droits, certains bancs sont cassés, mais contrairement à d’autres lieux, c’est quasiment propre. Car je dois vous préciser que les locaux ont une notion de la propreté bien différente de celle de l’Europe, chaque endroit reculé et chaque trou est remplis d’immondices, c’est malheureusement une réalité. Mais en partant à la découverte du monde, j’ai décidé de ne plus juger les gens, nous avons des éducations différentes et nous ne sommes pas sensibilisé aux mêmes choses. Je garde malgré tout l’espoir qu’un jour l’être humain comprendra que la nature est un cadeau précieux et qu’il serait temps d’en prendre soin plus que de nos comptes en banque. Parenthèse écolo fermée.

Sur la carte :

Le parc Almendares :

Carrousel dans le parc Almendares
Un peu d’histoire :

L’idée de créer un parc le long du fleuve Almendares commence vers 1912. C’est vers la fin des années 20 que Jean-Claude Nicolas Forestier, conservateur des parcs de Paris, vient apporter son expertise pour la mise en place de ce grand projet qui s’étend sur 700 hectares, longeant le fleuve sur une distance de 9,5 km. Ce programme s’étale sur des dizaines d’années. Il est surtout question de recréer un environnement écologique et sain pour la population. Et pour se faire, il faut d’abord nettoyer le fleuve dans lequel se déversent toutes les eaux usées des usines avoisinantes, ainsi que celle des hôpitaux. Deux papeteries situées sur le grand pont seront d’ailleurs fermées, jugées trop polluantes et ne pouvant se permettre d’investir dans du matériel plus moderne et jugé plus propre pour l’environnement.

Ce parc est considéré comme le poumon de la ville de La Havane, mais sa particularité est que c’est également un quartier urbain où les gens ont leur maison. Il comprend de nombreuses activités touristiques, comme un tour en barque permettant de voir le lieu sous un autre angle, un parc zoologique et un jardin botanique.

Les sources en français projet écologique, article 2016, les amis de Cuba, et ceux en espagnoles ecured, Wikipédia, norfipc.

Notre visite :

Nous n’avons pas pris le temps de faire tout le tour du parc, nous nous sommes plutôt baladés sans but. Il faut dire qu’il est très grand, au point qu’il faille prendre un taxi pour rejoindre le jardin botanique par exemple. Et puis, j’aime les surprises, alors, je me laisse guidée par les chemins et les découvertes loin des parcours tracés pour les touristes. Bien sûr, parfois, on perd des informations, mais souvent, on en découvre d’autres. Bref, ce que je retiens de ce lieu, ce sont les nombreux espaces abandonnés où la nature a repris ses droits, l’abondance de la végétation. Et même si certains articles que j’ai pu lire disent que cette ville manque d’arbres, personnellement, ce n’est pas ce que j’ai retenu de cette capitale chargée d’histoire.

Le musée de la révolution :

Un peu d’histoire :

Nous sommes d’accord pour dire que Cuba est surtout connu pour sa révolution, le Ché et ses compagnons d’armes. Il est donc difficile de parler de la capitale du pays, La Havane, sans faire référence au musée de la révolution. Installé dans le palais présidentiel, bâtiment construit entre 1913 et 1920, cet édifice chargé d’histoire était le lieu idéal où continuer la diffusion du message indépendantiste. D’ailleurs, les traces de balles de la tentative d’assassinat manqué de Batista sont toujours visibles dans l’escalier.

Mais ce chef-d’œuvre d’architecture imaginé par Rodolfo Maruri et Paul Belau, avait initialement comme fonction d’être le siège du gouvernement. Mais en 1917, lors d’une visite officielle du Président et de son épouse, celui-ci sera retiré au gouvernement pour être utilisé comme palais présidentiel sur demande de la première dame, Marianna Seva. De plus, ce bâtiment cache également en son sein une salle inspirée de la galerie des glaces de Versailles. Le salón de los espejos (salon des miroirs) a été décoré par le célèbre joaillier américain Tiffany’s. À son époque, la coupole décorée de céramiques était la plus haute de la ville. Ce n’est qu’en 1974 que l’édifice devient officiellement le musée de la révolution.

La source en espagnol ; Wikipédia (car elle est beaucoup plus complète que la version en français), et celles en français ; cuba voyage, bouger et voyager, visiter Cuba.

Portes très hautes de la terrasse du musée de la révolution
Notre visite :

Rebelle dans l’âme, j’ai toujours admiré le combat du Ché contre les Américains, je dois aussi reconnaître que je suis très anti-américaine. Depuis de longues années, j’ai du mal à comprendre pourquoi tant de gens veulent poursuivre le « rêve américain », quant à mes yeux tout est faux. Mais trêve de digression, il nous semblait impensable de passer par La Havane sans visiter ce musée. Nous avions soif de comprendre ce combat et comment il s’était passé. Je n’étais pas encore sensibilisée à ce qu’est la propagande et j’ai été impressionnée par cette lutte que je croyais pour la liberté. Mais ça, c’était avant, aujourd’hui, je réalise à quel point tout ceci n’est qu’une manière de continuer à asseoir l’autorité du Fidel Castro. N’oublions pas que l’histoire n’est jamais écrite que par les vainqueurs et ne représente donc qu’une partie tronquée de la vérité. Néanmoins, le fait d’avoir un audio-guide inclus dans le prix de l’entrée et de la richesse des photos, articles et pièces d’époque m’a permis d’en connaître plus sur le sujet.

Le palais présidentiel s’élève sur 3 étages et tous sont utilisés pour le musée. La visite commence par le dernier étage et continue en descendant jusqu’à la cour où sont entreposé des avions, des bateaux et des véhicules qui ont été utilisés pour les batailles. Une fois de plus bercée par le conte que je m’étais raconté, tout me semblait légitime, même les armes. Aujourd’hui, mon point de vue a changé et je ne suis plus aussi convaincue que la violence est indispensable pour mettre les envahisseurs dehors. Avec le recul, j’ai fini par me dire qu’il est beaucoup mieux de créer une société parallèle et de se détacher complètement du système qui ne nous convient pas. D’abord parce que chacun est seul avec sa consciente et que chaque mort qui sera commandé par une personne lui créera une dette. Je reste convaincue qu’un seul mort est un mort de trop. Malgré tout, je continue à penser que se détacher de l’emprise des États-Unis était une bonne chose, même si la manière ne me semble pas la plus appropriée.

Caricature de figures politiques américaines

Petite anecdote en passant :
Guidés par notre enthousiasme, nous n’avons pas fait attention à la signalisation et avons visité le premier étage à l’envers…

Le fort El Morro :

Vue de la tour de El Morro
Un peu d’histoire :

Appelé également el castillo de los trés magos (le château des trois mages/magiciens), ce fort a été construit en 1585 par l’ingénieur italien Bautista Antonelli, lors de l’occupation espagnole. Le but de ce fort était de protéger la ville de La Havane des envahisseurs et des pirates. El Morro signifie « le museau », faisant référence au rocher sur lequel il est construit qui est une protubérance qui se jette dans la mer. Il est construit sur une forme de polygone irrégulier et est entouré par de murs de 3 mètres d’épaisseur et de nombreuses terrasses.

Ce n’est qu’en 1762 qu’il tombera aux mains des Anglais après une bataille acharnée de 44 jours. Ceux-ci ayant attaqué depuis les terres. La Havane sera donc sous occupation Anglo-Saxonne pour une durée de 10 mois avant d’être rendu aux Espagnoles en échange de la Floride. Jusqu’en 1844, il aura une tour de 10 mètres de hauteur avant que celle-ci ne soit remplacée par la tour actuelle qui culmine à 15 mètres. L’électricité y sera installée à partir de 1945.

Les sources en espagnoles ; Wikipédia et en français ; cuba voyage, ecured, visiter Cuba.

Notre visite :

Pour nous rendre sur ce lieu, nous devons passer un pont sous le fleuve, malheureusement, il n’est pas autorisé aux piétons, nous devons prendre le bus qui nous emmène directement devant le fort. L’entrée est payante, bien sûr le prix n’est pas exorbitant. Même si en règle générale, nous évitons les endroits payant, nous faisons une exception. Surtout parce qu’on ne va pas rebrousser chemin alors que nous sommes sur place. Ce lieu est vraiment immense, nous passons une grosse partie de la journée à visiter les recoins du site. Il faut dire que les points de vue sur la mer sont assez impressionnants. Ce qui m’attriste le plus, c’est de constater une nouvelle fois que, tout comme dans la ville, dès qu’il y a un trou ou un renfoncement, il est rempli de déchets.

Maquette du fort el Morro

Le vieux Havane, et les lieux que nous n’avons pas approfondis :

Ici, je vais vous parler de quelques lieux du vieux Havane, qui d’après les guides sont « à voir », nous n’avons pas pris le temps, de faire tous les endroits touristiques et nous avons préféré nous balader à l’aveugle. Néanmoins, il me semblait plus complet de vous parler de tous ces endroits et surtout de leur histoire.

Un peu d’histoire :

Ce quartier classé à l’UNESCO depuis 1982, le quartier LE plus touristique de La Havane. Il commence au vieux port et s’étend tout autour de la muraille, mais passe également par le paseo Prado ou Marti, dont je vous parlais plus haut. Ce quartier est l’un des plus petits, il s’étend sur 4 km². Cet article et celui-ci peuvent par ailleurs vous éclairer sur ce qu’on appelle « La Havane vieja », vous y trouverez des détails sur tous les bâtiments à visiter. Mais lisez l’article jusqu’à la fin, je vous donne des liens pour des tours par cher au cas où vous préféreriez avoir un professionnel pour vous montrer les endroits à voir.

Le Capitole de La Havane:
Capitole de La Havane

La construction de ce bâtiment imposant commence en avril 1926, dans l’espoir d’être terminé pour accueillir la 6ᵉ conférence Panaméricaine. Ce projet et celui de remodelé le quartier dont les jardins et places est confié à l’architecte Eugenio Rayenieri Piedra pendant la présidence de Gerardo Machado. L’édifice est inspiré du Panteon de Paris, de San Pablo de Londres et du capitole des USA. Il est considéré comme l’un des six plus beaux palais du monde. Après la révolution, il perd sa fonction et est transformé en académie des sciences. Pendant longtemps, aucune rénovation n’est faite, ce n’est qu’en 2010 que les travaux de réhabilitation, financer en partie par une entreprise allemande et par le Gouvernement Russe, commencent, pour se terminer avant le 16 novembre 2019, date anniversaire des 500 ans de La Havane.

En plus de sa taille imposante, il est un peu plus grand que celui des USA et pour ajouter aux records, il possède l’une des coupoles les plus grandes du monde avec une taille de 91,73 m de hauteur. Sa statue de la république en bronze recouverte de feuilles d’or, logée dans la salle des pas perdus, au pied de la coupole, a été sculpté en Italie et livrée en trois parties. Elle mesure pas moins de 17 m de haut pour un poids de 30 tonnes. Dans le même espace se trouve une réplique d’un diamant de 25 carats qui est situé au kilomètre zéro. Pour la petite histoire, le diamant original, cadeau du Tsar de Russie Nicolas II a été volé le 25 mars 1946 et récupéré le 2 juin de l’année suivante, raison pour laquelle une copie a pris sa place en 1973.

Les différents liens de mes sources, en français madame voyage et visiter Cuba qui nous parle des quartiers à découvrir à La Havane et havane live qui nous parle de l’histoire de la ville et en espagnol, mon ami Wikipédia et indicuba qui propose les quartiers à découvrir.

Le quartier chinois de La Havane

Juste à côté du Capitole, ce quartier commence dans la rue la plus renommée et typique de ce secteur, la calle dragones (la rue du dragon) et se finit à la calle amistad (la rue de l’amitié). C’est le quartier chinois le plus ancien et le plus grand d’Amérique latine, même si aujourd’hui il ne reste plus beaucoup de Chinois. Il a été conçu en 1874, lors de l’arrivée de la main d’œuvre chinoise pour les cultures de sucre (voir page Cuba). En 1920, une immigration importante de Chinois commence et avec elle, un trafic de prostitution et de drogue, surtout d’opium, entache le quartier et la réputation des habitants et de leur culture. Ce qui donne lieu à une recrue d’essence du racisme anti-chinois et pousse une grande partie d’entre eux à fuir le pays.

Aujourd’hui, les grandes enseignes sont toujours présentes, dont 3 journaux en chinois, le théâtre, le cinéma et quelques boutiques proposant des produits locaux. Mais il reste surtout de nombreuses pharmacies homéopathiques et il est toujours possible d’assister au nouvel an lunaire, ainsi qu’à la fête d’anniversaire de l’arrivée des Chinois d’outremer qui se célèbre pendant une semaine fin mai (voir article). L’entrée à partir du quartier du Capitole est repérable par un portique inauguré en 1999 et financer par le gouvernement chinois qui a fait venir des matériaux de Chine. C’est une structure en béton de 3 tonnes de 16 mètres de large sur 12 de haut recouverte de granit gris et de tuiles dorés. C’est l’un des ouvrages chinois majeur en Amérique latine. Les liens en français sur voyage Cuba et en espagnol sur ecured et sur Wikipédia.

Portail d'entrée du quartier chinoir de La Havane
Le grand théâtre de La Havane

Construit une première fois en 1834, sous la direction du gouverneur Miguel Tacón y Risuque qui lui donnera son nom. Le théâtre Tacón est inauguré d’abord le 28 février 1838, mais l’ouverture officielle de l’édifice se fait le 15 avril 1838. À cette époque, il est le plus grand et le plus luxueux théâtre des Amériques et le troisième meilleur en matière d’acoustique juste derrière la Scala de Milan et le théâtre de Vienne. Ce n’est qu’en 1914 qu’il prend sa forme actuelle sous la direction d’un architecte belge, Paul Belau. L’ancien théâtre est agrandi et prend un aspect mêlant les styles renaissance et baroque. Plus tard, y seront ajoutés un casino, deux salons de danse, des salles de jeux, des bureaux, des caisses d’épargne, une trésorerie, des restaurants et des cafés.

Le Grand théâtre de La Havane

La salle principale est le siège du ballet national de Cuba. C’est également dans le grand théâtre de La Havane que le festival international du ballet de Cuba est organisé. Entre 2013 et 2015, de nouvelles rénovations sont effectuées, l’air conditionné est installé et de nouvelles loges avec salles de bains sont construites, la scène devient mécanisée et surtout les façades, les loges et les salles principales subissent un rafraîchissement. Plus d’informations en français sur ce lien ou sur celui-ci, sinon, l’article Wikipédia en espagnol.

Le château de la Real fuerza de La Havane

Aujourd’hui, converti en musée, ce bâtiment est le plus vieil édifice en pierre d’Amérique. Après avoir été fortement endommagé suite à l’attaque du corsaire français Jacques de Sores en 1555. Elle sera finalement complètement détruite en 1582. Le roi Philippe II d’Espagne en fera construire une nouvelle à partir de 1588, les travaux dureront 19 ans. La tour Sud-est est coiffée de l’emblème de la ville, la giraldilla, qui selon la légende représenterait l’épouse du premier gouverneur de la ville, Hernando de Sotto. Lorsque ce dernier part en expédition, à la conquête de la Floride, il laisse la tête de La Havane à sa femme Isabel/Inés de Bobadilla qui, d’après la légende, se rendait au sommet de la tour tous les jours afin de guetter le retour de son mari, voilà pourquoi on aurait mis une statue à son effigie à cet endroit. Malheureusement, cette histoire aussi romantique soit elle, pourrait n’être qu’une légende étant donné que la tour n’a été construite que bien des années plus tard. Après avoir eu de nombreuses fonctions, comme celle de protéger les trésors espagnols, cette bâtisse se serait convertie en plusieurs musées différents au cours des années. Pour plus de renseignements, je vous invite à visiter les sites desquels je tiens toutes ces informations : Cuba voyage, Wikipédia, lettre à Cuba et casa particulares.

La giraldilla est le symbole de la ville de La Havane. La statue au sommet de la tour a été remplacée par une copie après l’ouragan de 1926. Celle-ci est également présente sur l’étiquette du rhume Havana club.

La place de la cathédrale de La Havane

Construit sur la place anciennement connue sous le nom de plaza de la ciénaga (place du marécage), la cathédrale San Crístobal de La Havana est considérée comme l’une des plus belles églises des Amériques, elle est classée au patrimoine de l’humanité par l’UNESCO en 1982. Cette bâtisse de style baroque s’est construite en plusieurs étapes. Les jésuites commencent par bâtir l’école dès 1749, avant de se faire expulser du « Nouveau Monde » en 1767. Laissant le bâtiment, à moitié fini, à l’abandon. Ce n’est qu’en 1778, grâce à une donation de l’évêque de Salamanque que la construction de l’église peut reprendre et qu’elle adoptera sa forme finale. La réforme de 1802-1832 permet d’engager des artistes pour peindre les fresques qui sont toujours visibles dans l’enceinte de l’édifice religieux. Ce bâtiment impressionnant autant de l’extérieur que de l’intérieur est dédié au culte de l’immaculée conception et est le cœur d’une place de style baroque.

Les liens en français Cuba tresoro, Cuba voyage et le lien complet en espagnol de Wikipédia.

Notre visite :

Nous n’avons fait qu’un tour rapide de cette partie de La Havane et nous n’avons pas pu visiter le Capitole, car il était encore en pleine rénovation. Par contre, moi qui suis une grande adepte de l’architecture, je dois avouer que j’ai été très impressionnée par des bâtiments comme le grand théâtre, le musée des télécommunications, le portique du quartier chinois et les parcs aux alentours. Mais aussi par de nombreux édifices en ruine tout autour de cette opulence qui finalement fait contraste et résume assez bien La Havane à mes yeux, des opposés qui cohabitent. Mais bien sûr, comme c’est l’un des lieux les plus touristiques de la ville, c’est aussi ici que nous avons vu le plus grand nombre de voitures ancêtres.

Les attrapes touristes :

Comme vous le savez déjà, je ne voyage ni pour me prendre en photo dans les endroits les plus à la mode, ni pour aller voir les endroits recommandés dans les guides touristiques. Je dirais même que je les fuis du mieux que je peux. La Havane, en tant que lieu très touristique n’échappe pas à la règle de l’arnaque, il y a celles qui sont flagrantes et ma vision personnelle de ce qu’est un attrape-touriste. Je vous propose donc ici de vous donner mon avis, qui je le rappelle n’est pas une vérité absolue, mais seulement ma vision des choses.

Je commencerais par les bien connus tours en voiture ancêtre, bien sûr, c’est L’ATTRACTION à faire à Cuba, personnellement, je ne suis pas certaine que les chauffeurs de ces véhicules soient des guides confirmés et surtout, je ne serais pas étonnée que les prix soient gonflés. Je ne vous dis pas de ne pas le faire, je vous dis juste qu’il est très possible que proportionnellement à la qualité du tour, le montant demandé ne soit pas équitable.

Nombreux également sont les gens qui vous accostent dans la rue pour un tour, personnellement, je pense que ma majorité d’entre eux n’en savent pas plus que vous et moi, et peut-être même inventent-ils des histoires. Surtout qu’il est tout à fait possible de trouver les endroits à visiter par soi-même en faisant quelques recherches sur Internet via des blogs comme celui-ci. Le site que j’utilise régulièrement est Mon nuage. Je trouve qu’il est très complet.

Au cours de notre voyage, nous avons également souvent fait des tours avec des compagnies comme Free Walking tour ou Tour4Tips, le principe de ces tours, est que les guides sont payés sur base de pourboire. De mon expérience, je trouve que les guides sont beaucoup plus motivés et je les ai généralement trouvé très dynamiques. Pour ce qui est de la ville de La Havane, je vous ai trouvé ces trois sites guruwalk, freewalkingtourhavana et Free tour.

Parlons maintenant de notre séjour en dehors des visites :

Cocktail face au fot El Morro

Cet article est déjà très long, alors je ferais un résumé rapide de notre expérience. Notre logement était assez loin du centre, nous avons donc énormément marché, il faut dire qu’on adore ça. Moi particulièrement parce que cela me permet de découvrir des endroits loin des lieux les plus touristiques et de voir la ville sous son vrai visage, pas celui aménagé pour les touristes. Très vite, nous faisons la connaissance d’un monsieur qui vend des cafés, ce sera LE lieu incontournable du matin.

Par contre, en allant manger dans un restaurant et parce que nous ne sommes pas encore très familiers avec la langue, nous commandons des choses étranges comme juste une sauce. Impossible de nier que nous sommes des touristes et que nous sommes au début de notre périple. Nous en rions, mais quand la note arrive, nous sommes surpris de constater que le prix n’est pas le même. Quand nous en parlons avec nos hôtes à notre retour, ils nous expliquent qu’il arrive que des serveurs ou des restaurateurs peu scrupuleux gonflent la note pour les touristes peu attentifs. Bien entendu, ce n’était que quelques CUC, mais c’est une question de principe.

Pour ce qui est de l’insécurité, parce que c’est souvent le sujet qui revient, je ne me suis jamais sentie en danger, bien sûr, il est préférable de garder ses affaires près de soi, même si je ne sais pas si quelqu’un nous aurait volés. Mais je pense que peu importe l’endroit, il faut rester prudent sans tomber dans la paranoïa et surtout ne pas prêter d’intentions malveillantes aux gens sous prétexte qu’ils sont « pauvres ». Je suis une de ces personnes qui croient que nous reflétons nos pensées et pour cette raison, je ne veux pas vivre dans la peur, même si je prends quelques précautions dont je vous parlerais dans une prochaine rubrique.

Voiture bleu roulant sur la route de La Havane

Enfin, nous arrivons à notre dernier jour, il est temps pour nous de quitter cette île remplie de surprise et de nous diriger vers l’aéroport pour notre prochaine destination, Mérida au Mexique. Comme à notre habitude, nous décidons de prendre le bus. En ce début de journée, il est bondé et les gens ne semblent pas enchantés de nous voir monter et prendre tant de place avec nos sacs. Nous tentons les sourires et les excuses, mais certains paraissent vraiment fort énervé. Nous devons changer de bus, car celui-ci ne va pas jusqu’à l’aéroport. Après 30 minutes d’attentes et des bus qui passent sans s’arrêter, nous finissons par nous résigner à prendre un taxi pour le reste du trajet. Une fois de plus, le chauffeur est adorable, il nous parle de sa famille et est surtout très fier de nous expliquer que sa voiture, est un mélange de pièces de plusieurs marques. Julien doit retenir la porte qui ne se ferme plus vraiment, mais qu’à cela ne tienne, nous gardons le sourire et apprécions ce dernier trajet en bonne compagnie.

Voilà en résumé notre découverte de Cuba et de La Havane. Prochaine étape, Mérida au Mexique.

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      This article was written by Just L

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